Dans la récente lettre apostolique Dessiner de nouvelles cartes d’espérance, le pape Léon XIV actualise la mission de l’éducation à l’ère des défis de notre société.
Une phrase, en particulier, a attiré notre attention. Nous l’avons choisie comme message à adresser avec nos vœux pour la fête de Noël qui approche à grands pas et pour la nouvelle année 2026. Dans un passage de sa lettre, le pape affirme : « L’éducation est un acte d’espérance et une passion qui se renouvelle car elle manifeste la promesse que nous entrevoyons dans l’avenir de l’humanité ».
Il peut paraître illusoire de mettre l’accent sur l’éducation, dans un monde ébranlé par des crises aiguës qui minent notre vivre ensemble. Quelle crédibilité, quel espace, l’éducation peut-elle trouver dans une société qui se vit au rythme quotidien des menaces et des alertes ? Quelles certitudes peut-elle encore communiquer à nos jeunes si l’avenir est constamment assombri par des « incertitudes déstabilisantes » ?
Cette dissociation est l’une des causes majeures du désenchantement de nos esprits d’adultes face à la réalité quotidienne et à notre mission. Si l’éducation devient une activité « accessoire », notre existence aura comme conséquences de transmettre une banale conception de la vie basée sur des garanties pouvant être honorées… ou pas ! Et conduire ainsi nos jeunes à dépendre uniquement d’elles, provoquant ainsi chez eux son lot d’inquiétudes. Au contraire, c’est bien par un « geste éducatif » que peut se créer une vraie « relation » et une vraie « culture ».
Le pape le souligne : « Là où les communautés éducatives se laissent guider par la parole du Christ, elles ne reculent pas, mais se relancent ; elles n’érigent pas de murs, mais construisent des ponts. Elles réagissent avec créativité, ouvrant de nouvelles possibilités de transmission de savoir et de sens dans les écoles, les universités… » (Préambule)
Dans un autre passage, il rappelle que : « L’éducation chrétienne est un travail commun : personne n’éduque seul. La communauté éducative est un “nous” où l’enseignant, l’élève, la famille, le personnel administratif et de service […], convergent pour engendrer la vie. Ce “nous” empêche l’eau de stagner dans le marécage du “on a toujours fait ainsi” et force cette eau à couler, à nourrir, à irriguer. Le fondement reste le même : la personne, image de Dieu (Gn 1, 26), capable de vérité et de relation. » (Cf. paragraphe 3.1 de la lettre)
À la veille de la fête de Noël, nous recevons ces paroles du pape – quelles que soient notre confession et notre croyance – comme encouragements à poursuivre notre mission. C’est notre responsabilité en tant qu’adultes et éducateurs de transmettre des valeurs qui créent du lien et du sens dans la vie de nos jeunes. C’est d’ailleurs la signification profonde de cette fête de Noël : à travers la naissance de cet Enfant, l’humanité, tout homme peut prendre conscience de sa dignité, de son besoin de justice et de « sa capacité de service pour le bien commun ».
