Le carême, quarante jours

Etre libre, voilà il me semble la seule réalité à découvrir, à vivre, au cours de ces quarante jours. Quarante un chiffre biblique qui laisse à penser le temps de l’accomplissement. Comme il en est dans la vie des femmes pour les quarante semaines d’aménorrhée.

Un temps pour découvrir et approfondir notre humanité. La question sous-jacente étant, qui es-tu ? Et de là, toutes les questions que nous  évitons de nous poser sur notre vie.

Seule nous ne pouvons pas avoir accès à nous-même. L’altérité, la relation à l’autre ou à « l’Autre » c’est-à-dire à Dieu nous est nécessaire. 

Un chemin d’intériorité, de partage et d’offrande nous est proposé pour cette quête de sens.

Le carême n’est pas un chemin d’esclave, il est chemin de liberté. Souvenons-nous du peuple hébreu. Pendant quatre cents ans il est resté esclave des égyptiens. Quel chemin lui a été proposé ?

« Livre de l’exode »

La prière n’est pas un asservissement. Elle est une discussion libre et intime avec Jésus ou Dieu.

Le carême n’est pas se priver, c’est donner. 

Donner du temps, faire un peu plus attention aux autres, notamment envers les plus fragiles.

Le carême n’est pas de se contraindre, c’est se découvrir. Le jeûne ne concerne pas que la privation de nourriture ou la boisson, il est une action répétée qui va nous aider à reprendre « possession de nous-même ».

Je vous joins cette méditation du Pape François, que je reprends volontiers pour ce temps de carême. 

« Mais tout cela est difficile si l’on ne sait pas mettre de côté́ le “faire” de Marthe pour apprendre le “demeurer” de Marie « Evangile de Luc 10 38-42 » Il est difficile de renoncer à l’activisme car ce n’est pas la paix qui vient immédiatement dans le cœur lorsque l’on cesse d’être occupé, mais la désolation. Et pour ne pas entrer dans la désolation, on est prêt à ne jamais s’arrêter. C’est pourtant précisément en acceptant la désolation qui vient du silence, du jeûne d’activités et de paroles, du courage de s’examiner sincèrement, que tout reçoit une lumière et une paix qui ne reposent plus sur nos propres forces ni sur nos capacités. Il s’agit d’apprendre à laisser le Seigneur continuer à faire son œuvre en chacun et à émonder tout ce qui est infécond, stérile et qui dénature ».

Mr Jean Sorba